Zoom sur : la Vitamine D

Cet article est la mise à jour de l’article de Mars 2018. Il est l’aboutissement de la continuité de ma formation, des nouvelles découvertes et preuves scientifiques notamment dans le domaine de la Médecine Fonctionnelle.

Suite à mes recherches, mon opinion concernant la substitution en Vitamine D a évolué au point de changer mon avis à 180°.

Pour reprendre quelques points de l’article précédent, faisons le tour de la science actuelle ainsi que des recommandations des instances françaises concernant la Vitamine D.

Ce que disent les recommandations actuelles:

Les recommandations officielles conseillent de prescrire la vitamine D avec ou sans ajout de calcium aux personnes âgées pour prévenir le risque de fractures et de chutes. Ces recommandations ne précisent malheureusement pas l’âge, à partir duquel on considère quelqu’un comme une « personne âgée ».

La Société Française de Rhumatologie propose un algorithme pour évaluer la nécessité de prescrire la vitamine D. Cet algorithme prend en compte plusieurs paramètres de santé des personnes au delà de 60 ans.

Aucune recommandation officielle ne préconise la Vitamine D pour le renforcement des défenses immunitaires, équilibre hormonal, métabolique ou troubles intestinaux. 

Ce que dit la science :

La Revue Prescrire, une revue médico-scientifique indépendante, cite que la Vitamine D réduit le risque de facture et de chute, chez les personnes âgées de plus de 70 ans et qui ne peuvent plus sortir de chez elles. Selon cette revue, aucun bénéfice n’a été démontré chez les patients en bonne santé vivant à leur domicile qui peuvent sortir librement. Peu importe leur âge.

En ce qui concerne les autres actions de la vitamine D, les études sont de plus en plus nombreuses.

Elles montrent un lien entre le manque de vitamine D et le risque d’obésité, problèmes cardio-vasculaires, gastro-intestinaux, les maladies auto-immunes et de nombreux cancers.  

La vitamine D a plus de 800 actions différentes dans notre corps. Ainsi elle est indispensable pour l’atteinte et le maintien en bonne santé. 

Ce que dit le bon sens:

En soi, la vitamine D n’est vraiment une vitamine, mais plutôt une hormone : un moyen de communication pour nos cellules. Nous sommes capables de la fabriquer nous-mêmes. Et comme pour tout dans notre corps, il nous faut des matériaux de fabrications. La plupart doivent venir de la nourriture, certains de l’air, de l’eau, du soleil. Notre style de vie moderne: sédentaire, enfermé et mal-nutri ne livre pas assez de substances nécessaires à nos cellules pour un fonctionnement correct. 

Pour la vitamine D notamment, il nous faut une exposition au soleil, et il en faut beaucoup. Avant d’être enfermé au bureau, dans une voiture ou un hôpital pendant 8 heures par jour, l’homme passait tout son temps dehors. Il n’y avait aucun souci pour fabriquer autant de vitamine D que nos cellules le désirent. 

Aujourd’hui, on conseille un strict minimum d’exposition au soleil de 10 à 30 minutes par jour (plus la peau est mate, plus il faut de temps), tête et bras découverts s’il fait ensoleillé, plus du double de ce temps par temps couvert. Et je doute que nous sortions tous se promener en T-shirt tous les jours de l’année, quelque soit la saison. 

Dans notre alimentation, la vitamine D est rare. Les meilleurs sources sont le foie de morue, le hareng et les sardines. Il faudrait en manger 1 à 2 portions tous les jours pour couvrir nos besoins en vitamine D. 

Autant dire que la vaste majorité d’entre nous sera en manque éternel de la précieuse vitamine. 

A noter aussi qu’avec l’âge, la capacité de production de la vitamine D diminue, même avec suffisamment de soleil. La couleur de la peau joue un rôle aussi : plus la peau est claire, plus elle est capable de produire de la vitamine D.

Et donc?

Aujourd’hui je conseille une supplémentation en vitamine D chez tout le monde, quelque soit l’âge, notamment en automne, hiver et printemps. Chez les personnes âgées ou ayant une peau mate ou souffrantes d’une maladie chronique (notamment les maladies gastro-intestinales, auto-immunes et cancéreuses), il est possible que je conseille une supplémentation plus importante qui se poursuivra toute l’année. 

Plusieurs études pour les adultes montrent que pour une bonne santé, un minimum de 2000UI par jour de vitamine D serait nécessaire (ou 120.000UI tous les 2 mois) : beaucoup plus que ce que l’on nous conseille de prescrire! Cela montre qu’il existe encore beaucoup d’incertitudes concernant le bon dosage de cette vitamine.

Aucune recommandation actuelle ne conseille de faire les dosages de la Vitamine D en systématiques. Mais ils peuvent être intéressants pour le suivi de la supplémentation.

Merci pour votre intérêt et n’hésitez pas à m’en parler en consultation!

Sources :

  • HAS. Utilité clinique du dosage de la Vitamine D. Disponible sur https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-02/utilite_clinique_du_dosage_de_la_vitamine_d_-_note_de_cadrage.pdf
  • Interaction médicamenteuses. Patients sous Vitamine D. La Revue Prescrire, Mars 2017:593-4
  • Premiers Choix Prescrire. Fractures liées à une fragilité osseuse : prévention. La Revue Prescrire, Sept 2017
  • Anco A et al. Can supplementation with vitamin D reduce the risk or modify the course of autoimmune diseases? A systematic review of the literature. Autoimmun Rev. 2012 Dec;12(2):127-36
  • Azrielant S, Shoenfeld Y. Vitamin D and the immun system. Imaj Aug 2017;19:510-1
  • Trochoutsou AI et al. Vitamin-D in the immun system : genomic and non-genomic actions. Mini Rev Med Chem. 2015;15(11):953-63
  • Shang M, Sun J. Vitamin D/VDR, Probiotics and Gastro-intestinal Diseases. Curr Med Chem. 2017;24(9):876-887
  • Holick M, Weil A. The Vitamin D solution. A 3-Step Strategy to Cure Our Most Common Health Problems. Plume Editions, Fev 2011