Jeûne et cétose: les différences pour les femmes

Jeûne et cétose: les différences pour les femmes

Le jeûne gagne de plus en plus de popularité pour détoxifier le corps, perdre du poids, diminuer les risques cardio-vasculaire et diminuer l’inflammation dans le corps. Notamment le jeûne intermittent semble être apprécié et promu pour la santé et la longévité (1). Prolonger le jeûne de la nuit en sautant le dîner (plus compliqué socialement) ou le petit déjeuner (simple) nécessite quelques jours d’accommodation. Par la suite on sent moins la faim, moins envie de grignoter, on a plus d’énergie et de concentration notamment en fin de matinée et après le repas de midi. 

Nombreuses études montrent les différents effets thérapeutiques du jeûne sur le corps. Les recherches sur l’alimentation cétogène montrent des résultats très similaires. Pendant le jeûne, nous sommes en cétose: au lieu de sucre, le corps utilise la graisse en tant que carburant.

Mais beaucoup d’études sont menées sur les hommes. Le peu de femmes incluses sont souvent ménopausées. Les études sur les femmes non ménopausées sont habituellement très courtes (queques semaines). Pour exclure le risque du biais de grossesse ou du biais d’une contraception hormonale, les études sur le jeûne n’incluent pas les femmes avant la ménopause ou pas de femmes du tout. Ce qui amène un énorme biais. Une femme en âge de procréer, n’est pas juste « un homme en plus petit ». Ignorer la magnifique complexité de l’équilibre féminin et les avantages que cela amène n’est pas un fait nouveau. « Ça ne me regarde pas, c’est compliqué, alors je l’ignore ou le diabolise » – compréhensible, mais pas forcement intelligent. 

De plus, le peu d’études de jeûne ou d’alimentation cétogène sur les femmes non méno-pausées se concentrent uniquement sur la perte du poids – qui n’est spectaculaire (2). Mais quid au mauvais sommeil, à la gestion de stress/anxiété, à la fertilité, à l’énergie, au bien-être? Que devient de ses femmes à la fin des 6 mois de cette étude, si elle a des règles douloureuses, qu’elle est irritable et fatiguée?

Permettre à une jeune femme de profiter au mieux des bienfaits du jeûne c’est améliorer la santé de tout le système, pas uniquement de l’individu féminin. Permettre à une jeune femme de vivre en équilibre hormonal l’amène vers une meilleure efficacités dans ses projets, plus d’énergie, meilleur poids, libido et moral. Et cela aussi est génial pour la femme et tout le monde autour.

Les besoins d’une femme varient selon la phase de son cycle. À part des hormones, le microbiote de la femme fluctue aussi. Le jeûne sera avantageux lors d’une phase et néfaste lors des autres. 

Alors voici les points à considérer.

Les règles:

Le premier jour des règles est considéré comme J1 de votre cycle dans le langage médical. Les 3-4 jours avant les règles et les premiers 3 jours des règles ne sont pas fait pour jeûner ni pour profiter des avantages de l’alimentation cétogène. Nous avons besoin de consommer un peu d’amidon résistant et des céréaliers comme le riz blanc, sarrasin ou millet. L’amidon résistant se trouve dans les bananes vertes, pommes de terres ou riz réfrigérés après la cuisson et autres aliments qu’une nutritionniste peut vous conseiller. 

Comme vous savez, je conseille de réduire au maximum le sucre et la farine de blé et ses apparentés, surtout si vous avez des hormones déséquilibrés.

La fin des règles et la semaine qui suit (phase folliculaire, J5 jusqu’au J10-12) sont un temps idéal pour faire un jeûne – intermittent ou de quelques jours (5 maximum) ou une alimentation cétogène riches en légumes.

L’ovulation:

Dix à douze jours après le début des règles (J10-12 jusqu’au J15-18) la femme entre dans sa phase ovulatoire. À part d’être propice pour la conception, la phase ovulatoire amène un pic d’énergie, de confiance en soi, de capacités de communication et de capacité pour le renforcement musculaire.

Les experts en équilibre féminin comme Dr Stphanie Estima ou Alisa Vitti déconseillent le jeûne complet et la cétose lors de cette phase. Si on jeûne, le foie est occupé à produire les corps cétonique et n’a pas la capacité de bien métaboliser ( = détoxifier, digérer) les oestrogènes et la testostérone qui sont à leurs maximum pendant cette phase.

Le jeûne intermittent sera être bien supporté : pour certaines pendant 13-14 heures, pour d’autres jusqu’à 16 heures.

La phase lutéale:

La phase lutéale est, environ, la quatrième semaine après le début des règles (J15-18 jusqu’au règles). Le jeûne est fortement déconseillé, mème le jeûne intermittent de plus de 12 heures. 

Pourquoi? Les oestrogènes sont à nouveau élevés et ont besoin d’être détoxifier par le foie. 

En plus la progestérone, notre amie du bon sommeil et de détente vient faire son séjour professionnel. Si notre corps est en stress (le jeûne EST un stress pour le corps), la progestérone se transformera en cortisol, l’hormone de stress. Ne pouvant pas faire ce qu’elle a à faire lors de la phase lutéale, la progestérone, qui est maintenant le cortisol, fera un ravage sur le cycle et ainsi sur notre équilibre mental et physique. Bonjour les crampes, la fatigue, les sauts d’humeur!

Cependant, les experts disent que  l’alimentation cétogène peut etre bénéfique pendant la phase lutéale, à condition de consommer assez d’amidon résistant et d’autres fibres. Nous avons besoin de fibres en grandes quantité car tout ce que le foie métabolise en œstrogènes doit pouvoir s’évacuer. 

Au plus tard quand les règles s’approchent, l’alimentation cétogène devient peu avantageuse et surtout difficile à maintenir. Si on veut éviter les « dérapages » et les accès boulimiques, intégrer les glucides sains (des légumineuses cuites sous pression, riz blanc, sarrasin, millet, pommes de terre, bananes pas trop mûres, fruits rouges etc.) amène un bon équilibre hormonal. L’équilibre hormonal amène meilleurs sommeil, meilleurs gestion de stress, de poids, de libido etc. Équilibre hormonal = équilibre vital.

Pour une novice, toutes ses informations peuvent paraître compliquées. Mais si vous suivez bien votre cycle, modifier légèrement votre alimentation pour vous adapter à chacune de vos phases amène énormément de bénéfices. Etre dans le flux d’équilibre peut vous faire découvrir votre vrai potentiel, caché jusque là sous une couche de mal-être. 

Le jeûne de 3-5 jours est un excellent moyen de rajeunir son corps et son esprit (un jeu de mots?). Faites vous votre propre expérience – mais uniquement dans la phase folliculaire. 

Le jeûne intermittent est facile à instaurer et amène plein d’énergie et de légèreté. Il est aussi un merveilleux moyen de diminuer le risque cardio-vasculaire, de diabète et de démence. Il est très simple à « tenir » – dès le 4e jours jusqu’au 15-17e jours de votre cycle.

L’alimentation cétogène peut être excellente pour certaines. Ce n’est pas une alimentation que je recommende à long terme (sauf pour certaines maladies). Si on l’adapte au cycle de a femme, en ajoutant des gucides sains environ 1 semaine sur 4 puis quelques jours lors de l’ovulation – elle devient un parfait atout de la santé.

En suivant ces règles (jeu de mots encore?) vous allez profiter des moyens simples pour améliorer votre santé tout en équilibrant votre cycle.

En les ignorant, vous risquez vous sentir mal et même prendre du poids (3). 

Que vous souhaitez avoir des enfants ou non : vos hormones vous contrôlent et non pas l’inverse. Devenez une amie respectueuse de votre biologie et elle vous amènera au top de vos performances : en tant qu’étudiante, salariée, entrepreneuse, épouse, maman, fille, amie ou ce que vous voulez.

Pour une femme ménopausée, le jeûne ou l’alimentation cétogène peuvent être pratiqués à tout moment. Mais, tout comme pour les hommes, il est conseillé de ne pas rester en cétose pendant plus d’1 mois. Il est très utile de consommer des glucides sains soit 1-2 jours par semaine ou 1 semaine tous les mois.

Sources :

  1. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5388543/
  2. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2716748/
  3. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6371871/